L’ÉCOSYSTÈME DE LA DÉBROUILLE

Abou, Sarah et Anthony sont 3 jeunes créateurs d’entreprises âgés respectivement de 23, 19 et 30 ans. Leur point commun ? Ils n’ont pas beaucoup de moyens mais entendent tout de même mener à bien leurs projets. Aujourd’hui, dans le fabuleux écosystème de la débrouille, nous vous racontons l’histoire d’Abou, habitant dans un arrondissement du nord de Paris. Voici la notice de son lancement.

Abou est un grand passionné de mode et de rap américain. Il collectionne dans sa garde-robe les marques que ses artistes préférés affichent dans leurs clips. Un beau jour, Abou se dit qu’il pourrait lui aussi se lancer dans l’aventure en créant sa propre marque de vêtements. Seul problème : Abou n’a pour l’instant pas beaucoup de moyens. Actuellement serveur dans un restaurant, son CDD lui permettra difficilement d’obtenir un prêt auprès de sa banque.

Il va avoir besoin d’être accompagné dans sa création d’entreprise. Pour atteindre son objectif,  il va devoir construire son projet à travers 3 grandes étapes : la conception, la réalisation, la distribution.

La conception : 

À moins d’avoir prévu de réussir sur un malentendu ou qu’il ne soit doté d’une confiance inébranlable en sa bonne étoile, Abou va devoir réaliser un business plan (plan d’affaires). Ce cahier des charges lui permettra de structurer efficacement son projet et donnera à ses interlocuteurs (potentiels investisseurs et partenaires) une idée juste de son dessein. Le site de l’Agence France Entrepreneur (anciennement APCE) est l’outil idéal pour cela.

Le jeune créateur va devoir également réaliser les prototypes des vêtements qu’il a imaginés. Afin de se faire, point besoin d’être muni de plus que d’une feuille et d’un crayon. Si elle est envisageable, l’aide d’un ami graphiste muni des logiciels Photoshop ou C-Design peut s’avérer précieuse. Une fois son esquisse réalisé, il va devoir s’adresser à un façonnier avec qui il aura pris le soin d’effectuer le choix des tissus dans lesquels il souhaite réaliser ses pièces.

Par ailleurs Abou a trouvé un nom à sa marque, il va devoir faire protéger auprès de l’INPI (compter 200€ et un délai de deux mois). Il peut faire de même pour ses croquis s’il arrive à démontrer leur originalité (enveloppe Soleau)

Dernière étape : encadrer juridiquement son activité, l’auto-entreprenariat reste le régime idéal pour débuter, cependant d’autres structures existent (voir site d’Infogreffe). Le tout est de choisir la forme la mieux adaptée, les conseils d’un expert-comptable ou d’un juriste sont fortement recommandés.

La réalisation :

Abdou va devoir trouver une usine pour produire ses pièces. En fonction des quantités ou de ses exigences de qualité, son choix s’orientera vers des usines basées en France, en UE ou vers des pays où la moins d’oeuvre et moins onéreuse comme la Chine ou la Turquie.

Une fois sa marchandise réceptionnée, il faut la stocker. Selon les quantités et la place dont il dispose chez lui, il peut avoir recours aux services d’une entreprise de location d’entrepôts (ex: une pièce en plus, shugard).

Le lancement :

Les produits sont maintenant prêts à être vendus. Pour se faire, Abou a plusieurs solutions :

Vendre en ligne, en créant lui-même son propre site de e-commerce avec des prestataires tels que Big cartel, PrestaShop, Square Space, Wix, ou WordPress. C’est bien souvent la première étape. Attention, il faudra veiller à établir une gamme de prix permettant de conserver une marge lors de la vente en boutique (x2,5 en moyenne).

Vendre en gros, en passant par une agence de distribution qui lui permettra de trouver des points de ventes ou solliciter lui-même les boutiques. La plupart d’entre elles ne proposant que des contrats de dépôt-vente aux jeunes loups.

L’expédition de la marchandise constitue la dernière étape de ce processus. Des services comme Chronopost, DHL, UPS, assureront ce service avec des coûts relativement corrects.

Le « petit plus» : la communication. Les réseaux sociaux ont permis la démocratisation de la publicité. De nos jours, tout le monde peut promouvoir ses produits auprès du public grâce à des applications telles que Facebook, Twitter et Instagram. Cependant, une fois que ses moyens le lui permettront, le jeune entrepreneur peut décider d’avoir recours aux services d’une agence spécialisée pour promouvoir ses produits auprès de la presse traditionnelle et du public.

Illustration : Youssouf Kiffia

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