2017 : DES ÉLECTIONS ET DES PROGRAMMES (ÉCONOMIQUES)

À quatre mois des élections présidentielles, le programme économique de chaque candidat pèsera lourd dans la balance. En effet, le prochain président de la République devra non seulement s’attaquer aux sempiternels problèmes internes, mais il devra aussi et surtout également faire face aux conséquences de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, du Brexit, du prix du pétrole, sur l’économie du pays.

Un principe qu’a bien compris Arnaud Montebourg, pour qui « la primaire à gauche mais aussi l’élection présidentielle se joueront sur l’économie et l’emploi, et non sur les questions de sécurité ou d’identité » comme l’indiquait, jeudi, un article du Monde dans lequel nous découvrons un candidat qui s’engage à investir 4 milliards d’euros par an dans les infrastructures, 4 autres milliards dans la rénovation thermique des logements, de baisser massivement la CSG sur les petits salaires, provoquant ainsi une impulsion sur le pouvoir d’achat des Français.

Une posture qui se démarque fortement de celle d’Emmanuel Macron qui préconise quant à lui une augmentation de la CSG, une diminution de l’écart entre le salaire brut et le salaire net, la suppression des cotisations maladie et des cotisations chômage, l’assouplissement des 35 heures ou encore la modulation de l’âge de départ à la retraite (60 à 67 ans) en fonctions des métiers. Le droit au chômage pour les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs, ainsi qu’en cas de démission, sont des nouveautés que le candidat souhaite appliquer.

En ce qui concerne la santé, l’ancien Ministre de l’économie rejoint le candidat de droite François Fillon, qui pourtant se fait épingler pour son recul sur la question de la Sécurité Sociale, passant d’une « assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée et l’assurance privée sur le reste », à une assurance-maladie qui continuera de « couvrir les soins comme aujourd’hui et même à mieux rembourser des soins qui sont largement à la charge des assurés ».

À l’extrême droite, Marine Le Pen a réaffirmé vouloir sortir de l’euro, cette monnaie unique que la candidate qualifie de « deutschmark bis » et qui représente « un obstacle majeur à la réindustrialisation de la France ». Pour elle, « prétendre faire du patriotisme économique dans l’Union européenne est un vaste enfumage » et un « Frexit » ne serait pas de refus. Il permettrait de fabriquer en France, engranger davantage de recettes fiscales, et donc réduire le déficit pour baisser les impôts.

À bâbord toute : à gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a déclaré, dans un entretien au journal Le Monde, vouloir un retour aux 35 heures réelles, l’augmentation immédiate du SMIC à 1326 euros, le rétablissement de la retraite à 60 ans avec quarante annuités pour une retraite complète, un remboursement de la Sécu à 100%, l’abolition des dépassements d’honoraires des médecins, le renforcement du paiement au forfait, des tarifications à l’acte. Le candidat fustige les propositions de « revenu décent de 800 euros » ou « revenu universel de 535 euros » proposés par Manuel Valls et Benoît Hamon. Côté entreprises et finances, il souhaiterait revenir sur le programme de privatisation, séparer les banques d’affaires des banques de détail et créer un pôle public bancaire. Sortir du FMI et de la Banque Mondiale étant une évidence.

Pegah Hosseini

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1 Comment

  • Grand bravo et longue vie à ce journal en ligne dédié aux quartiers.
    Je ne connaissais pas du tout. Bravo pour votre travail.
    Je tâcherais d’être un lecteur assidu.

    Vive Argot !

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