L’HISTOIRE DE L’ÉCONOMIE COMMENCE EN MÉSOPOTAMIE

Depuis le 2 novembre dernier, « L’Histoire commence en Mésopotamie » emmène les visiteurs du Louvre-Lens dans cette région du Moyen-Orient où a été inventé puis mis en oeuvre le système d’irrigation, où l’élevage, les cultures de céréales et de fruits ont accompagné l’apparition d’artisanats innovants. L’exposition, qui a déjà conquis des milliers de visiteurs chaque week-end, est prolongée jusqu’au 30 janvier 2017.

La Mésopotamie. 375 000 kms carrés de surface. « Terre entre deux fleuves » se trouvant dans le pays de Sumer, entre le Tigre et l’Euphrate. De cette étendue de terre fertile est née l’agriculture. Les premiers villages, les premières villes, les premières cités états et les premiers empires y ont vu le jour. Nos vieux ancêtres y ont aussi aussi inventé l’écriture, la littérature, le commerce, la médecine, l’astronomie, la musique ou encore les premiers systèmes de gouvernement et d’impôts…

©Pegah Hosseini
Les clous de fondation (ou clous d’argile), petites sculptures gravées de signes cunéiformes, étaient enfoncés dans les murs pour démontrer que les lieux étaient les propriétés des dieux auxquels ces immeubles étaient consacrés.

En huit étapes, le musée du Louvre-Lens nous fait prendre conscience de toute la profondeur émanant de ce patrimoine mondial. Lors de la deuxième section de l’exposition, on découvre les pratiques d’alors, qui marquent un tournant dans l’histoire de l’économie : là-bas, au royaume des Akkadiens et des Assyriens, l’homme est passé pour la première fois d’une économie de prédation (chasse et cueillette) à une économie de production, fondée sur l’agriculture et l’élevage. En plein coeur de cette plaine alluviale, très sèche au sud, sous la bienveillance de ces grands arbres que sont les dattiers et les tamaris, les hommes ont inventé l’irrigation, un système avec digues, bassins de retenue, canaux d’amenée et d’évacuation des eaux. Cela leur a permis de pouvoir développer une économie prospère, basée sur l’élevage et les nombreuses cultures de céréales ou de fruits.

©Pegah Hosseini
Un système de poids et mesures attesté dès 3200 avant J.-C.

Le pays était également une terre d’artisanats innovants, aussi bien dans la production de textiles ou de vanneries que dans le domaine des arts du feu (céramique, métallurgie, verre…). On pourrait penser qu’avec toute cette ingéniosité, les Mésopotamiens avaient de quoi fonctionner de façon autosuffisante, or, dépourvue de pierres et de minerais, la région s’est tournée vers l’extérieur pour des échanges commerciaux. L’absence de matières premières, en dehors de l’argile et du roseau, en basse Mésopotamie, les a en effet contraint de développer par voie terrestre, fluviale et maritime leurs exportations de denrées alimentaires, de laine et de produits de l’artisanat pour recevoir en contrepartie du bois, des pierres rares et du cuivre issu des montagnes voisines ou même de régions plus lointaines. En parallèle de ces inventions terrestres, des rituels de protection escortaient les marchandises durant leur transport. Des prières appelaient également les dieux afin que les rendements soient des plus fructueux.

Afin de transporter les marchandises : des ânes, des chevaux… Mais surtout les premiers chariots, grâce à l’invention de la roue.

Ainsi, durant plus de 3000 ans et ce jusqu’à la domination Perse en 539 avant J.-C., les premiers artisans, les premiers commerçants, les premières formes de spécialisation professionnelle, de hiérarchie, les premiers recueil de jurisprudence (réunissant les droits de propriété reconnus et protégés), les premières monnaies d’échanges (le boisseau de blé était l’unité de compte, mais l’or et divers métaux précieux servaient aussi d’instruments d’échange et circulaient sous forme de lingots non standardisés, sans poids ni forme spécifique), les premiers taux d’intérêt sur les prêts, les premiers instruments financiers (des tablettes d’argiles servaient par exemple d’outils comptables) apparaissaient sur la planète…

Recenser les ouvriers, en guise d’étiquettes pour accompagner les livraisons, remplaçant les contrats de vente et les chèques… Les tablettes d’argile mésopotamiennes étaient multifonctions.

Mais, de ce territoire des premières fois ayant vécu une expansion fulgurante, il n’en reste presque rien. Car la Mésopotamie, c’est l’Irak actuel. C’est Mossoul. C’est désormais une triste contrée de poussière, pillée, dépouillée de toutes ses richesses depuis 2003, date de l’invasion américaine sur les terres de Saddam Hussein.

Pegah Hosseini

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